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L’armée commet une erreur en restreignant le rôle des aumôniers

5 days ago
3 min read

Updated: 1 day ago


L’AÉC demande au gouvernement d’annuler une nouvelle politique concernant les aumôniers militaires et de la remplacer par une politique plus inclusive.


Publiée cet été, la politique intitulée Spiritual Reflections in Military Settings (Réflexions spirituelles en milieu militaire) interdit aux aumôniers militaires de prier ou même de mentionner Dieu lors de réflexions spirituelles publiques. Elle s’applique à toute intervention publique que les aumôniers effectuent en leur qualité de membres des Forces armées canadiennes.


Cela comprend les cérémonies du Jour du Souvenir (même si celles-ci sont généralement organisées par la Légion, une organisation non gouvernementale), les événements parrainés par le gouvernement et les événements auxquels les membres des FAC sont tenus d’assister.


Auparavant, les aumôniers pouvaient proposer une réflexion spirituelle ou une prière non confessionnelle. Ils devaient d’abord reconnaître que les membres de l’auditoire avaient probablement des croyances diverses, qu’elles soient religieuses ou non.


En 2023, la politique a été modifiée afin d’interdire toute prière. Depuis cet été, même la simple mention de Dieu ou du divin est interdite.


Les aumôniers pourront toujours célébrer des services religieux dans les chapelles des bases ou dans des espaces réservés à cet effet. Des prières pourront toujours être dites lors des funérailles militaires. Ils pourront toujours offrir un accompagnement pastoral au personnel des Forces armées canadiennes et à leurs familles.


La nouvelle politique se présente comme un guide visant à garantir la liberté de religion. Elle affirme que les réflexions spirituelles laïques (qui ne mentionnent pas Dieu) constituent le meilleur moyen de préserver la neutralité religieuse et d’éviter tout favoritisme entre les différentes traditions religieuses.


Mais cette affirmation même s’inscrit dans une tradition bien précise : l’humanisme, une philosophie de vie qui se passe de croyance en Dieu ou au surnaturel. Les forces armées comptent déjà des aumôniers humanistes, et l’humanisme est reconnu comme l’une des traditions spirituelles et religieuses prises en charge par le Service royal canadien d’aumônerie. Il s’agit d’un système de croyances parmi tant d’autres.


La nouvelle politique n’est pas ouverte à tous les points de vue. Elle est, par nature, exclusive et interdit l’expression de certaines croyances religieuses dans les discours publics, comme celles qui expriment la foi en Dieu.


« Cela fait 30 ans que j’écris et que je m’exprime sur les questions de liberté religieuse et d’expression au Canada », déclare Bruce J. Clemenger, ambassadeur principal de l’AÉC et membre du Comité interconfessionnel pour l’aumônerie militaire canadienne, « et cette nouvelle politique militaire est aussi frustrante que controversée. C’est un pas de plus vers la sécularisation du Canada sous le couvert d’une prétendue neutralité religieuse, censée être bénéfique pour notre identité nationale et notre sentiment d’appartenance. »


Interdire toute référence à Dieu ou au divin dans les réflexions spirituelles ne relève pas d’une neutralité inclusive. Une neutralité inclusive est celle qui témoigne d’une ouverture à la diversité des traditions spirituelles et religieuses.


Une approche plus inclusive consisterait à laisser place à la fois à la prière et à la réflexion spirituelle. Cette approche pourrait inclure un préambule reconnaissant que les membres de l’auditoire ont des croyances diverses – y compris des convictions religieuses et non religieuses. La prière et la réflexion spirituelle pourraient être animées à tour de rôle par des aumôniers représentant diverses traditions spirituelles et religieuses.


La neutralité de l’État est un concept qui sert à expliquer ce que l’on attend des gouvernements pour protéger la liberté de religion et s’assurer qu’ils ne font pas de favoritisme ni ne privilégient un point de vue par rapport aux autres. C’est ainsi que le rôle du gouvernement a été compris historiquement au Canada, et il est essentiel de le réaffirmer.


Loin de favoriser le bien-être spirituel de tous les membres des Forces armées canadiennes, la nouvelle politique limite la pleine participation des aumôniers et interdit la reconnaissance de la pluralité des croyances des membres des FAC.


L’AÉC réclame une meilleure politique en matière d’aumônerie qui reconnaisse et laisse place à tous dans l’expression de leurs convictions à travers des réflexions spirituelles, ainsi qu’une prise en compte fondée sur des principes des diverses croyances des Canadiens, y compris celles des personnes qui croient en Dieu.


Ce que vous pouvez faire

  • Priez pour les membres des Forces armées canadiennes, y compris les aumôniers qui les accompagnent.


  • Demandez au ministre de la Défense nationale de modifier la politique relative aux réflexions spirituelles dans le milieu militaire afin qu’elle tienne compte de la diversité des croyances des Canadiens, y compris celles des personnes qui croient en Dieu. Envoyez une copie de cette demande à votre député. Pour plus d’information, consultez le site TheEFC.ca/CAFreflection.


  • Pensez à soutenir le travail de l’AÉC afin que nous puissions continuer à suivre ces questions et à intervenir à cet égard.


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